lundi 7 mars 2011

La vie, une suite de petits renoncements

Le matin de mes 43 ans, j'arbore devant mon PC ma toute nouvelle paire de lunettes. Verdict : « Presbyte, un peu précoce », pour une fois il n’y a pas de quoi être fier de se trouver dans les premiers!

Dans le long voyage qui nous mène du couffin au cercueil, nous devons apprendre à renoncer, doucement, imperceptiblement chaque jour, mais de manière inéluctable. Tôt ou tard, nous courrons tous moins vite, nous verrons tous moins bien, nous fatiguerons tous plus rapidement. Tout aussi sûrement notre capital neurones fondra et, si dans un premier temps nous penserons et travaillerons plus lentement, il n’y a pas, à bien y regarder sur le long terme, que des inconvénients à cette perte de conscience.

L’expérience vient la première pallier notre lente dégradation physique et mentale. En effet, moins vifs ou explosifs, nous compenserons un temps, au travail comme en sport, cette lenteur qui s’instille insidieusement par notre expérience qui nous permettra de prendre des raccourcis.

Un renoncement à la performance, progressif et intellectuellement dominé sera un atout qui permettra à l’humain prévoyant de chercher sa place où il pourra durer (et il faut durer bien au-delà des premiers signes de fatigue physique et mentale, la durée de vie s’allongeant et celle de travail aussi…). C’est le début de sagesse qui suit le règne de l’expérience.

Puis d’un raccourci hardi je dirai que « la sagesse ultime est l’Alzheimer ». En évitant d’être trop sordide, toutes ces maladies troublant mémoire et conscience au crépuscule de notre vie viennent à point pour nous permettre de vivre sans trop de souffrance notre souvent trop lente déchéance physique finale. Il vaut mieux ne pas être trop conscient à ce moment là !

Une vie heureuse consistera donc à réussir une suite de petits renoncements et à les bien gérer mentalement soit de manière consciente soit en profitant malgré nous de la destruction concomitante de nos neurones.

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